Histoire

Les « Grandes Heures » de Castelmoron d’Albret.

Des origines à la guerre de Cent Ans

Castelomoron apparaît pour la première fois dans l’histoire en 977, date à laquelle le seigneur de Castelmoron prête hommage au prieur de La Réole pour un fief qu’il a dans cette ville. Puis, un texte, vers 1081, fait mention d’un « dominus de Castedmauron ». Il faut attendre 1250 pour voir le château cité dans les documents et 1272 le bourg qui en dépend mentionné. En 1289, Edouard 1er, roi d’Angleterre, fixe les limites qui divisent les territoires de Castelmoron et de la Bastide de Sauveterre, qu’il a fondée quelques années auparavant.

En 1330, la baronnie de Castelomoron est la possession de la maison d’Albret : Mathe d’Albret prête serment de foi et hommage au commisaire du roi de France.

Le 30 avril 1338, Edouard III, roi d’Angleterre, qui a besoin de quelques places fortes sûres pour protéger le pays, se fait céder par Mathe d’Albret, pendant tout le temps que durerait la guerre, la garde de plusieurs châteaux et places fortes, parmi lesquelles se trouve Castelomoron. Le 7 octobre 1341, Bernard-Ezii d’Albret rend hommage au roi d’Angleterre et parmi les localités désignées dans l’acte, on trouve Castelmoron.

castelmoron-albret-vue-du-pavePlus tard, les seigneurs d’Albret se rangent du côté de la F rance : Castelmoron est alors confisqué par le roi d’Angleterre. Pendant toute la seconde moitié du XIVe siècle, il n’est plus question de la ville, dont les revenus furent cédés à Jean, seigneur de Monlaur, le 14 juillet 1405. Le roi donne Castelmoron à Bernard Angevin le 27 juillet 1442.

A la fin de la guerre de Cent Ans, Castelmoron est rendue à la famille d’Albret, mais la cité reste dans l’oubli pendant un siècle pour briller ensuite d’un nouvel éclat.

La sénéchaussée de Castelomoron-d’Albret

En 1556, Castelomoron commande l’une des quatre sénéchaussées du duché d’Albret, dont le siège se trouve à Nérac. La place est importante, à la fois comme forteresse et siège de la sénéchaussée. Henri de Navarre en confie la garde en 1566 à François de Pichard; gendarme de sa compagnie, et en 1577 à André de Meslon, tous deux capitaines fidèles et expérimentés.

Jeanne d’Albret, la mère d’Henri IV, séjourne plusieurs fois dans la cité entre 1568 et 1571. On sait ainsi que le 8 septembre 1568, Jeanne d’Albret quitte à l’improviste son château de Nérac et passe la Garonne à Tonneins, pour y attendre pendant plusieurs jours, le compte de Montamart et plusieurs régiments de cavalerie devant l’accompagner jusqu’au bout de son voyage. Elle arrive avec son escorte à Castelmoron, où elle séjourne quelque temps. Ravie de l’accueil qu’on lui a réservé, elle promet à ses amis protestants de revenir les voir, ce qu’lle fait au printemps de l’année suivante. Le 11 avril 1569, un feu de joie est allumé au carrefour de Gauthier pour saluer l’arrivée de la reine d’Albret. En 1571, Castelmoron a l’honneur de la revoir pour la dernière fois : à cette occasion, elle ouvre un temple pour les fidèles de la religion réformée.

Les guerres de Religion et celles de la Fronde, voient à Castelmoron le passage des troupes, des contributions levées en hommes et argent par les garnisons voisines, entre autres celles de Pommiers toute proche.

Le duché d’Albret, -y compris Castelmoron -, est rattaché lors de l’avènement d’Henry IV en 1589. En 1639, le prince de Condé écrit aux jurats de Castelmoron pour qu’il leur accorde des hommes. Mazarin vient prendre possession de son fief de Castelmoron en 1648 et y séjourne quelque temps. Il y revient ensuite en 1650, et une dernière fois en 1652, chassé par une révolte seigneuriale de son château de Saint-Germain-en-Laye.
En 1652, Castelmoron est en possession du duc de Bouillon en échange de la principauté de Sedan, pour revenir définitivement dans le giron royal en 1661.

Le XVIIIe siècle et la fin de l’Ancien Régime.

Au début du XVIIIe siècle, des documents d’archives nous renseignent sur la « petite histoire » de Castelmoron : ainsi apprend-t-on, qu’en 1703 les rues de la ville sont réparées, mais celles des faubourgs sont impraticables et qu’en 1714, il n’y a toujours pas de boucherie à Castelmoron d’Albret. En 1715, la cité ne comporte que 28 maisons, la plupart inhabitées et tombant en ruines.

La sénéchaussée au milieu du XVIII siècle comporte 75 paroisses. De cette sénéchaussée relevaient, au milieu du XVIIIe siècle, les justices de Castelmoron, Gensac, Pellegrue, Blasimont, Gironde, Baries, Rions, Capian, Saint-Hilaire-du-Bois, Lamothe-Landeron, Vayres, Puynormand, Monbadon, Villefranche-de-Lonchapt, Lussac, Faize, Puisseguin, Laubardemont, Montagne, Saint-Georges, Beaumalle, Fargues et Barsac.

En 1767-1768, les documents d’archives mentionnent l’Hôtel de Ville, appelé par la suite Maison Commune.

En 1775, l’intendant de Guyenne donne mission aux quatre généraux, placés sous ses ordres, de prélever des impôts nouveaux. Celui de Castelmoron a l’idée d’émettre une taxe spéciale sur le cheptel vif (chevaux, ânes, bovins, porcs, moutons et chèvres). Les paysans assujetis à ce nouvel impôt l’accueillant très mal, se concertent à la grande foire de Saint-Michel, à Monségur, et décident une démonstration de puissance le 1er octobre, à Castelmoron. L’on raconte que vers 8 heures du matin, plus de 500 paysans, armés de pioches, de faux, de haches et de fourches, arrivent dans la petite ville poussant des cris de mort et de haine à l’encontre du sénéchal. Ce dernier épouvanté, s’enfuit par le chemin des douves, ainsi que ses serviteurs et ses gens d’armes. La porte de la sénéchaussée est enfoncée d’un coup de pioche, les manifestants pénètrent dans les lieux et s’emparent des livres comptables, des rôles et d’autres imprimés du service des finances. Ils brûlent sur la place publique tout leur butin, ainsi que leurs feuilles d’avertissement, à la grande stupéfaction des habitants de la ville, qui n’ont jamais vu pareille révolte.

L’immeuble de la sénéchaussée saccagé par les émeutiers est restauré l’année suivante (1776), date qui figure encore de nos jours sur le lineteau de la porte d’entrée de la maison.

1789 et la Révolution

Jusqu’à la Révolution, Castelmoron reste le chef-lieu du duché d’Albret. Un Etat Général des villes, gros bourgs et paroisses de la sénéchaussée de Castelmoron, avec le nombre de leurs feux et de leurs députés dressé en 1789, au moment de la convocation des Etats Généraux, nous donne 11094 feux, 5 villes, 18 sièges de juridiction et 75 paroisses. Si l’on considère qu’un feu représente trois ou quatre personnes, la sénéchaussée aurait compté de 38 à 40000 âmes.

Le 14 juillet 1789 (jour de la prise de la Bastille), un feu de joie est allumé sur la place de la Tranchée. Le dimanche qui suit le 4 août (abolition des privilèges), les seigneurs des environs de Castelmoron en sortant de la messe, viennent remettre à l’officier municipal leurs titres de noblesse et prêter serment au nouveau régime. En 1789, la sénéchaussée envoie quatre députés aux Etats Généraux : elle est dissoute au cours de la Révolution et Castelmoron devient le chef-lieu d’un canton de onze communes, sous le nom de Roc Marat et dépend du district de La Réole, département du bec d’Ambès. Après la Terreur (1792-1794), le bourg retrouve son nom et est rattaché au canton de Monségur.

Au XIXe siècle, des travaux de voierie font disparaître la porte du nord, facilitant ainsi l’accès au bourg. La route principal Sauveterre-Monségur est déviée ; elle évite le bourg et passe désormais au pied du site escarpé. En 1828, Castelmoron reçoit une visite impromptue, celle de Charles X et du Dauphin de France. Ces derniers parvenus au moulin d’Albret mettent pied à terre et poussent leur carrosse pour atteindre la porte de la ville. Personne ne les attendant, ils pénètrent dans l’église et s’agenouillent devant le maître-autel. Le maire amène les illustres visiteurs sous la halle où une grande table est rapidement dressée. Le tambour de la ville alerte la population et une fillette de l’école remet un bouquet de fleurs à chacune de leurs altesses. Après l’allocution du maire et la réponse du roi, un vin d’honneur est servi, au cours duquel, les édiles municipaux trinquent avec le roi et le dauphin. A la fin de la même année, un legs de 500 francs est envoyé par le duc d’Angoulême pour ce si bon accueil. En 1829, ce don permet l’élargissement de l’église jugé trop étroite.

En 1848, l’année de la proclamation de la Seconde République, un arbre de la Liberté est planté près de la halle.

Au XXe siècle et ce, jusqu’aux années 1950, Castelmoron reste un centre pour les communes limitrophes. On y trouve commerces alimentaires, cafés, restaurants, dancing, cinéma, coiffeur, forgeron, charron, mécanicien, contributions indirectes, bureau de poste. Une foire s’y tient régulièrement. Puis le commerce local diminue irrémédiablement et Castelomoron perd son rôle de bourg-centre. L’école est aujourd’hui fermée et le commerce ne compte plus qu’un bar, une brocante, un garagiste, un forgeron et un potier. Son site inscrit (arrêté du 8 juin 1973) attire les touristes et à la faveur des producteurs de cinéma. Des scènes de la Bicyclette bleue et de Semailles et moissons, notamment, y ont été tournées.

A la découverte du village

Un site déjà apprécié au XIXe siècle

L’engouement pour Castelmoron naît au milieu du XIXe siècle dans le milieu des érudits : M. de Lamontagne en 1846 et M. Lapouyade en 1847, tous deux membres de la Commission des Monuments Historiques du Département, visitent le bourg et s’intéressent notamment à son enceinte, qui a partiellement disparue. Puis, c’est au tour de Léo Drouyn, qui, en avril 1859, est séduit par le site naturel du bourg mais aussi par ses vestiges archéologiques. C’est pour lui « une ruine et une ruine même fort pittoresque ». L’artiste archéologue, dessine à cette occasion deux vues différentes du bourg castra, dont seule la plus typique est gravée. Sur celle-ci on distingue au pied du bourg le moulin à eau dit que Castelmoron (commune de Rimons). Sur l’abrupt, Léo Drouyn a représenté les maisons du bourg et à gauche les vestiges de l’enceinte démantelée au XVIIe siècle, et derrière la tour quadrangulaire, l’emplacement supposé du château disparu.

Malgré les vicissitudes de l’Histoire, l’ancien bourg castral, garde de beaux restes de sa splendeur passée et il est vrai que depuis le XIXe siècle, sa physionomie générale n’a pas fondamentalement changé. Malgré sa superficie réduite (3,54 ha), une brève description des lieux est nécessaire pour bien se repérer pour en découvrir tous les secrets.

La topographie du site

Bâti sur un escarpement rocheux, Castelmoron d’Albret, avec ses rues, ses petites places et ses escaliers est groupé autour de son église et de son antique halle aux grains. Le bourg comporte environ une cinquantaine de vielles maisons. Sa rue principale, la Grand’Rue, part du chemin de Saint-Martin-du-Puy et conduit jusque devant la halle. De là, elle donne accès, à gauche, à la rue de l’Amitié qui dessert l’ancienne école, la mairie, l’ancien bureau de poste et plusieurs maisons particulières, tandis que du côté droit, on trouve la rue de l’Eglise (ou rue Pelletier) bordée de vieilles demeures. Ces deux artères se rejoignent au point méridional de la cité, face à l’ancien hôtel de la famille d’Albret. La rue de l’Eglise donne accès, en deux points différents, à une charmante petite ruelle dont le tracé est semi-circulaire au joli nom : la rue des Jasmins. A droite de la halle, se trouve la chaussée qui descend au moulin et passe sous l’unique porte de la ville restée intacte. Plus à droite, on gagne la place de la Tranchée, ainsi qu’une rue du même nom qui descend, par un rustique escalier, sur la rue principale.

De sons enceinte fortifiée, formant un quadrilatère irrégulier et qui a protégé la cité pendant des siècles, il ne reste pas grand chose.On estime que celle-ci avait un périmètre de 970 à 980 mètres ; 400 dans sa plus grande longueur du nord-ouest au sud-est, et 120 mètres dans la partie la plus resserrée de sa largeur. A l’intérieur de ces murs se trouvait le château. Les remparts étaient percés de quatre portes dont il ne subsiste que la porte de l’ouest (ou porte du Moulin). La porte du sud ainsi que la porte de l’est ou de la Fontaine, fort probablement des poternes, ont disparu depuis fort longtemps. Cette dernière porte avait été restaurée en 1614. La porte du nord, qui se trouvait à l’entrée de la Grand’Rue, a été démolie par la municipalité en 1853, lors de l’élargissement et du nivellement de cette artère avec la route de Saint-Martin-du-Puy. La majeure partie des remparts a également disparu depuis le XVIe siècle, période à laquelle les Albret et autres seigneurs ouvrent de larges baies, balcons et terrasses à leurs immeubles.

Une seule tour, vestige des anciennes fortifications, subsiste encore. Bâtie en moyen appareil, elle n’offre plus qu’un seul étage. La porte d’accès se trouve du côté intérieur de la ville. Semni-circulaire du côté extérieur, elle est voûtée en cul-de-four. Elle est percée de trois meurtrières qui donnent sur la campagne. Ces ouvertures en forme d’ellipse horizontale, se terminent en forme d’entonnoir dans l’épaisseur du mur. Elle est construite avec beaucoup de soin, elle date de la fin du XIVe siècle, selon L. Drouyn.

La visite de Castelmoron se fait à pied et elle peut commencer par la Grand’Rue. On y accédait par la porte du nord, détruite au milieu du XIX e siècle. En rejoignant la place où se trouve la halle, on découvre sur le côté droit, plusieurs vieilles maisons dont les façades sur la rue sont percées de fenêtres à meneaux anciennes. Des pierres en saillie, par rapport au nu du mur, marquent l’emplacement des déversoirs d’antiques éviers en pierre de taille. Une des maisons de cette rue, qui appartient aujourd’hui à la municipalité, a été restaurée récemment. Le rez-de-chaussée, unique salle voûtée servant de caves à l’origine, passe pour avoir été utilisée comme temple protestant. En effet, des adeptes de la religion reformée ont vécu autrefois dans la petite cité. Depuis 1989, l’édifice restauré et couplé avec la maison voisine, transformée en gîte, abrite une salle culturelle communale, vouée aux expositions.

En face de ces maisons, sur le côté gauche de la rue, une demeure à la porte de bois couleur bordeaux a abrité le cinéma de la commune. Juste avant de rejoindre la halle, une porte encadrée de pilastres plats supportant un entablement et précédée d’un emmarchement, marque l’entrée de l’ancienne maison sénéchal, autrefois siège de la sénéchaussée. Cette élégante demeure, construite en 1774, a abrité les bureaux, de la trésorerie du sénéchal et la salle d’audience du tribunal. Au XXe siècle, une boucherie-épicerie et son abattoir s’y sont installés jusqu’au début des années 1970.

A l’extrême droite de la Grande’Rue et en montant celle-ci, faisant l’angle avec la place du marché, la maison « Fumat » garde le souvenir d’avoir été, du XVe à la fin du XVIIIe siècle, l’auberge royale (Henri IV dit-on s’y est arrêté maintes fois).

En face de la maison Fumat existe la maison « Béraud » sur laquelle on a découvert, lors du ravalement de la façade, les inscriptions suivantes MDX (1510), date probable de la construction primitive. Au-dessus en chiffres ordinaires : 1613, date concordant avec la réfection de la porte de la Fontaine.

La halle, dont l’existence est très anciennement attestée, mérite une attention particulière. Avant sa restauration en 1923, les piliers portaient les noms et les valeurs de mesures usitées sous l’Ancien Régime : mesures de longueur, de superficie, de capacité, mesures pour le bois de chauffage. La halle est alors utilisée lors des quatre foires annuelles du village. Puis, elle sert de 1923 à 1991 de préau pour l’école communale installée en face, dans l’ancien palais ducal. Après la Seconde Guerre mondiale et jusqu’aux années années 1980, lors des fêtes locales, un chapiteau et un parquet spécialement conçus, accolés à la halle, font office de salle de bal. La halle est constituée d’une charpente en bois couverte de tuile creuse portée par des poteaux eux-mêmes en bois. Les réparations des XIXe et XXe siècles ont nécessité l’emploi de structures, comme les entraits retroussés en moise, qui ont modifié le principe originel.

La visite se poursuit rue de l’Amitié où se trouve l’Hôtel de Ville. Le bâtiment actuel dont le style trahit le XIXe siècle, a été également occupé par la poste, par un logement communal et un atelier d’artisan. Construit à l’origine pour être le palais ducal de la sénéchaussée de Castelmoron, aussi appelée maison présidiale, il abrite ensuite la caserne de la sénéchaussée et des cachots jusqu’à la Révolution de 1789. Puis, du début du XXe siècle à 1991, il est occupé par deux classes d’école, un appartement d’enseignant, la cantine scolaire et la mairie. La façade est ornée du blason de Castelmoron d’Albret. L’une des curiosités de l’édifice, ce sont bien sûr les cachots dont la construction est probablement antérieure à la Révolution. Il s’agit de deux caveaux voûtés placés en vis-àvis, accessibles par un étroit escalier. L’un d’eux conserve intacte sa porte de bois équipée d’un guichet et de verrous. Cette prison a été utilisée jusqu’en 1790, date de la dissolution de la sénéchaussée.

Cette même rue recèle des maisons contiguës et mitoyennes, dont  certaines présentent des portes cochères intéressantes. A la jonction de la rue de l’Amitié et de la rue de l’Eglise se trouve l’ancien hôtel des Albret. La construction de cet immeuble, qui remonte vraisemblablement aux origines de la cité, a été remaniée et rendu plus confortable par les Albret au XVIe siècle. Il se compose d’un corps logis principal et de deux ailes séparées par une cour. La façade est tournée vers la ville, alors que les galeries en pierre et les baies d’éclairage regardent le vallon du Ségur et son moulin à eau . Le corps de logis comporte une vaste salle agrémentée d’une cheminée sculptée du XVIe siècle, probablement salle d’audience de Jeanne d’Albret et de son fils.

Texte « Mémoire de pierres » la lettre du patrimoine de la Gironde, novembre 2005- n°37

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